Durant les longs étés, quand la terre altérée Semble se soulever, blanchie et déchirée, Pour chercher vainement un souffle de fraîcheur Qui soulage en passant son inquiète ardeur; Quand la moisson jaunie, éparse, échevelée, Se penche tristement sur sa...
Matin d'Octobre C'est l'heure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. A travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin. Leur chute est lente. Ou peut les suivre Du regard en reconnaissant Le chêne à sa feuille de cuivre, L'érable...
Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets, Là-bas tord la forêt comme une chevelure. Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets. L’Automne qui descend les collines voilées Fait, sous ses pas profonds,...
Quand comprendras-tu? tu n’es pas ce que tu crains et les peurs ne revêtent que les âmes muettes les peines que tu repeins d’une angoisse ingénue ne valent pas le dessein promis par ta vertu Les fleurs ont soudain le parfum de ta peur et quand tu te souviens...
Un poète est parti ; sur sa tombe fermée Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée Dont la douceur divine ici-bas l’enivrait. Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure, Le saule qu’il rêvait, au vent du soir, murmure Sur son ombre éplorée...
De toutes les belles choses Qui nous manquent en hiver, Qu’aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ; Moi, l’aspect d’un beau pré vert ; Moi, la moisson blondissante, Chevelure des sillons ; Moi, le rossignol qui chante ; Et moi, les beaux papillons ! Le papillon,...
Absence Le paysage défile mais je ne bouge plus. Ton visage est à présent comme un mirage, Tes caresses un courant d’air sur ma peau qui s’échappe, Tes paroles un murmure sourd que je n’entends plus, Ton sourire une idée floue dispersé, Ta présence un...
Tout n'est plein ici bas que de vaine apparence,Ce qu'on donne à sagesse est conduit par le sort,L'on monte et l'on descend avec pareil effort,Sans jamais rencontrer l'état de consistance. Que veiller et dormir ont peu de différence,Grand maître en l'art...
À CÔTÉ La nuit plus longue et la route plus blanche. Lampes je suis plus près de vous que la lumière. Un papillon l’oiseau d’habitude Roue brisée de ma fatigue De bonne humeur place Signal vide et signal À l’éventail d’horloge. À CÔTÉ Soleil tremblant...
Qui voudra voir dedans une jeunesse La beauté jointe avec la chasteté, L'humble douceur, la grave majesté, Toutes vertus, et toute gentillesse : Qui voudra voir les yeux d'une Déesse, Et de nos ans la seule nouveauté, Et cette Dame oeillade la beauté,...
Sur le chaume odorant des champs silencieuxL’âpre paysan lie encore les javelles.Des torrents de rayons plus chauds tombent des cieux.Le Fleuve est caressé par des brises nouvelles. Le dais du firmament aussi paraît nouveau ;Et l’on dirait, tant l’air...
Sois le bienvenu, rouge Automne, Accours dans ton riche appareil, Embrase le coteau vermeil Que la vigne pare et festonne. Père, tu rempliras la tonne Qui nous verse le doux sommeil ; Sois le bienvenu, rouge Automne, Accours dans ton riche appareil. Déjà...
Dans mes bras chaque jour, je protègerai l'enfant qu'il y aura toujours en toi. De mes yeux et à chaque regard, je verrai tout cet amour, que tu n'as donné à personne d'autre avant moi. De mes oreilles chaque fois, j'écouterai tous les secrets, que tu...
Miss Ellen, versez-moi le Thé Dans la belle tasse chinoise, Où des poissons d’or cherchent noise Au monstre rose épouvanté. J’aime la folle cruauté Des chimères qu’on apprivoise : Miss Ellen, versez-moi le Thé Dans la belle tasse chinoise. Là, sous un...
J’aime les soirs sereins et beaux, j’aime les soirs,Soit qu’ils dorent le front des antiques manoirsEnsevelis dans les feuillages ;Soit que la brume au loin s’allonge en bancs de feu ;Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleuÀ des archipels de nuages....
Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,L'Égypte s'endormir sous un ciel étouffantEt le Fleuve, à travers le Delta noir qu'il fend,Vers Bubaste ou Saïs rouler son onde grasse. Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse,Soldat captif berçant...
Vous avez un regard singulier et charmant ; Comme la lune au fond du lac qui la reflète, Votre prunelle, où brille une humide paillette, Au coin de vos doux yeux roule languissamment ; Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ; Ils sont de plus belle...
Miraculeux printemps dont l’automne est si triste, Le plus beau sentiment, non, ce n’est pas l’amour ; Pas l’amour faible et fou, l’amour aveugle et sourd, Fermant autour de lui sa guirlande égoïste. Ce n’est pas le respect aux bagues d’améthyste ; Ni...
“Je vous adore, je vous loue et je vous salue, ô très-doux cœur de Jésus, dont l'aspect réjouit comme la première fleur du printemps, cœur, d'où, comme d'une source de grâce plus douce que le miel, a découlé et découle sans cesse tout bien et toute suavité....
Sur l’autel de la jalousie se meurt l’amour Entre soupçons et doutes s’égrènent les jours Les regards se voilent de maladive amertume Peignant l’aube de noir et les jours de brume La méfiance soufflant sur la flamme des cœurs Tuant l’allégresse, les serments,...
La nature est tout ce qu’on voit, Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime. Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit, Tout ce que l’on sent en soi-même. Elle est belle pour qui la voit, Elle est bonne à celui qui l’aime, Elle est juste quand on y croit Et...
Poème Je dédie à tes pleurs, à ton sourire, Mes plus douces pensées, Celles que je te dis, celles aussi Qui demeurent imprécisées Et trop profondes pour les dire. Je dédie à tes pleurs, à ton sourire, A toute ton âme, mon âme, Avec ses pleurs et ses sourires...
Poème Amour qui n’est qu’amour, qui vit sans espérance, De soi-même par soi par soi-même agité, Qui naquit éternel vif à l’éternité Qui surpasse en aimant l’âme et la connaissance, Que cet amour est près de la divinité ! On dit qu’amour est feu, le feu...
Moines venus vers nous des horizons gothiques, Mais dont l’âme, mais dont l’esprit meurt de demain, Qui reléguez l’amour dans vos jardins mystiques Pour l’y purifier de tout orgueil humain, Fermes, vous avancez par les routes des hommes, Les yeux hallucinés...
On voit tout le temps, en automne,Quelque chose qui vous étonne,C’est une branche, tout à coup,Qui s’effeuille dans votre cou. C’est un petit arbre tout rouge,Un, d’une autre couleur encor,Et puis, partout, ces feuilles d’orQui tombent sans que rien ne...