Poème
Amour qui n’est qu’amour, qui vit sans espérance, De soi-même par soi par soi-même agité, Qui naquit éternel vif à l’éternité Qui surpasse en aimant l’âme et la connaissance, Que cet amour est près de la divinité !
On dit qu’amour est feu, le feu est de deux sortes : L’un se mêle confus avec les éléments, Pour engendrer, nourrir par leurs tempéraments, L’autre assiège du Ciel tout céleste les portes, Prenant en soi la vie et tous ses mouvements.
Le premier s’asservit sous les lois de la nature, Se mêle, se démêle et se perd quelquefois. Quand le vivre lui faut, l’autre n’a d’autres lois Que son cours, son esprit, son âme belle et pure, Et feu est toujours feu, sans le secours du bois.
L’homme par la raison tient, augmente et possède Le feu qui n’est vrai feu, mais un bien que des dieux Le larron Promethée eut le moins précieux, L’autre qui en beauté tout le dessous excède Ne pouvant être Ciel est le plus près des Cieux.
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