Poème
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Printemps, que me veux-tu ? pourquoi ce doux sourire,
Ces fleurs dans tes cheveux et ces boutons naissants ?
Pourquoi dans les bosquets cette voix qui soupire,
Et du soleil d'avril ces rayons caressants ?
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Printemps si beau, ta vue attriste ma jeunesse ;
De biens évanouis tu parles à mon coeur ;
Et d'un bonheur prochain ta riante promesse
M'apporte un long regret de mon premier bonheur.
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Un seul être pour moi remplissait la nature ;
En ses yeux je puisais la vie et l'avenir ;
Au souffle harmonieux de sa voix calme et pure,
Vers un plus frais matin je croyais rajeunir.
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Ô combien je l'aimais ! et c'était en silence !
De son front virginal arrosé de pudeur,
De sa bouche où nageait tant d'heureuse indolence,
Mon souffle aurait terni l'éclatante candeur.
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Par instants j'espérais. Bonne autant qu'ingénue,
Elle me consolait du sort trop inhumain ;
Je l'avais vue un jour rougir à ma venue,
Et sa main par hasard avait touché ma main.
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Poème
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Dans l'horizon d'hiver, vaste, uniforme et vide,
Le ciel était d'azur, l'air paisible et limpide ;
La neige étincelait sur le sol et les arbres,
En cristaux infinis, plus blancs que ceux des marbres
Qui viennent d'être ouverts par le choc du marteau ;
Nul cri, nul bruit de vent, de ramure, ni d'eau.
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Un immense silence avait rempli l'espace ;
Tout était suspendu ; tout ce qui vit et passe,
Bouge, chante, frémit, s'inquiète, désire,
Comme les mouvements aux veines du porphyre,
Semblait être fixé pour le repos final,
Dans un indestructible et lucide cristal,
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Mais que tout était beau ! les forfaits de la vie,
Les douleurs dont jamais elle n'est assouvie,
Son exécrable jeu de poursuite et de crainte,
La rumeur de combat dont la terre est étreinte,
Tout le mauvais effort semblait être arrêté,
Sous ce ciel pur et froid comme l'éternité.
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Dans ce puissant sommeil de neiges et de givre,
Mon cœur, lourd de chagrin, était surpris de vivre ;
Cette impassible paix, semblable à la sagesse
Du Monde, lui faisait sentir plus sa détresse,
Car seul il palpitait et pensait souffrir seul
Dans cet universel et glorieux linceul.
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