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poème


Oh ! Paris est la cité mère !
Paris est le lieu solennel
Où le tourbillon éphémère
Tourne sur un centre éternel !
Paris ! feu sombre ou pure étoile !
Morne Isis couverte d’un voile !
Araignée à l’immense toile


Où se prennent les nations !
Fontaine d’urnes obsédée !
Mamelle sans cesse inondée
Où pour se nourrir de l’idée
Viennent les générations !


Quand Paris se met à l’ouvrage
Dans sa forge aux mille clameurs,
A tout peuple, heureux, brave ou sage,
Il prend ses lois, ses dieux, ses moeurs.
Dans sa fournaise, pêle-mêle,
Il fond, transforme et renouvelle
Cette science universelle


Qu’il emprunte à tous les humains ;
Puis il rejette aux peuples blêmes
Leurs sceptres et leurs diadèmes,
Leurs préjugés et leurs systèmes,
Tout tordus par ses fortes mains

 

Poème

 

Larmes aux fleurs suspendues,
Larmes de sources perdues
Aux mousses des rochers creux ;

Larmes d'automne épandues,
Larmes de cors entendues
Dans les grands bois douloureux ;

Larmes des cloches latines,
Carmélites, Feuillantines...
Voix des beffrois en ferveur ;

Larmes, chansons argentines
Dans les vasques florentines
Au fond du jardin rêveur ;

Larmes des nuits étoilées,
Larmes de flûtes voilées
Au bleu du pare endormi ;

Larmes aux longs cils perlées,
Larmes d'amante coulées
Jusqu'à l'âme de l'ami ;

Gouttes d'extase, éplorement délicieux,
Tombez des nuits ! Tombez des fleurs ! Tombez des yeux !

Et toi, mon cœur, sois le doux fleuve harmonieux,
Qui, riche du trésor tari des urnes vides,
Roule un grand rêve triste aux mers des soirs languides.
 

 

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